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L’Alsace française

L’Alsace française

1918 (novembre) : L’entrée des Français dans les villes alsaciennes.

15 novembre 1918 : Un décret du Service Général d'Alsace-Lorraine délègue deux commissaires de la République pour diriger (illégalement) l'administration civile en Alsace.

Ce décret est parfaitement illégitime car il vient en violation de l'article 5 de la Convention d'armistice du 11 novembre 1918 qui prévoit le maintien de l'administration locale en Alsace. Ainsi un simple décret français met fin à une loi organique aussi capitale qu'une Constitution.

novembre 1918 - septembre 1920 : L'épuration ethnique "à la française" conduira à l'exil, hors d'Alsace bien entendu, et dans des conditions déplorables près de 112 000 Alt-Deutsche et Alsaciens de souche jugés indésirables.

14 décembre 1918 : Un arrêté ministériel classe les Alsaciens suivant des critères de pureté raciale.

Les Alsaciens sont dorénavant classés en 4 catégories sur des critères sanguins et avec des droits inégaux selon qu'ils sont porteurs de l'une ou l'autre carte. Les Alsaciens sont fichés de la manière suivante :

- carte d'identité A : avec bandes tricolores pour les Alsaciens-Lorrains dont les parents et les grands-parents sont nés en Alsace-Lorraine ou pour les habitants dont les parents sont nés en France. Ils sont réintégrés de plein droit.

- carte d'identité B : avec deux bandes bleues pour les Alsaciens-Lorrains dont le père ou la mère sont d'origine étrangère, non-français, non alsacien-lorrain.

- carte d'identité C : avec deux bandes rouges pour les Alsaciens-Lorrains dont le père et la mère sont originaires de pays alliés de la France ou restés neutres pendant le conflit.

- carte d'identité D : sans bande pour les descendants d'Allemands, d'Autrichiens, de Hongrois ou d'autres peuples des Empires centraux. Leurs enfants, même nés en Alsace-Lorraine, reçoivent la carte D.

avril 1919 : Fondation de l’U.P.R. (Union Populaire Républicaine).

28 juin 1919 : Le traité de Versailles.

7 août 1919 : Le général Maud'huy annule une interdiction officielle qui défend aux Lorrains de s'exprimer en dialecte ou en allemand en public ou dans les rues après 22 heures.

1920 : La commission centrale pour la navigation du Rhin à Strasbourg.

10 janvier 1920 : Entrée en vigueur du traité de Versailles.

16 mars 1920 : Le Sénat des États-Unis rejète définitivement le traité de Versailles.

avril 1920 : 40 000 fonctionnaires Alsaciens mènent une grève générale pour la sauvegarde de leurs droits acquis et la reconnaissance d'un statut régional spécial.

juin 1921 : Adoption par l'Assemblée d'une loi prévoyant la création d'un cadre local dont doivent faire partie les fonctionnaires nommés en Alsace selon l'ancienne juridiction, l'équivalence des titres et diplômes, le respect des grades et un classement équitable dans l'échelle des salaires de l'administration française, le maintien des droits acquis à la retraite et la protection contre l'arbitraire par la restauration des chambres disciplinaires.

1923 : Fondation du journal autonomiste du Heimatbund.

11 mai 1924 : Élections législatives. Édouard Herriot devient président du Conseil d'Etat.

17 juin 1924 : Dans sa déclaration d'investiture, Herriot annonce qu'il compte supprimer les "privilèges" de l'Alsace-Lorraine c'est-à-dire, entre autre, le Concordat et l'administration régionale.

Une gigantesque vague de protestation souleva l'Alsace-Lorraine à la suite de cette déclaration car cela était contraire aux engagements de la France de maintenir les droits spécifiques. Cela fut le point de départ d'un important mouvement autonomiste qui domina toute la vie politique d'Alsace de 1924 à 1936/39.

24 mars 1925 : Le député Charles Hueber monte pour la première fois à la tribune de la Chambre des Députés et prononça toute la seconde partie de son discours en alsacien !

Durant ces deux mandats, Charles Hueber commençait toujours ses interventions en dialecte alsacien.

24 mai 1926 : Création du Heimatbund (ligue de défense du pays natal), structure politique commune de coordination et de lutte pour les partisans de l'identité alsacienne. Le Heimatbund exigeait pour l'Alsace, mais toujours dans le cadre de la France, une autonomie législative et administrative avec un parlement élu au suffrage universel jouissant du droit de budget et un exécutif ayant son siège à Strasbourg.

A travers cette ligue, pour la première fois, des hommes à visage découvert en appelaient à l'union de tous les Alsaciens-Lorrains conscients et les invitaient à mener ensemble, en faisant abstraction de leurs opinions politiques et de tout ce qui les divisait, la lutte pour les droits de la minorité nationale alsacienne-lorraine.

22 août 1926 : Le dimanche sanglant de Colmar. Les communistes lancent un appel à manifestation pour tous ceux qui condamnent les actes arbitraires des autorités vis-à-vis des signataires du Heimatbund. Lors de leur arrivée à Colmar, les communistes et les autonomistes sont accueillis par des commandos de patriotes qui les injurient et les violentent sous le regard indifférent des forces de l'ordre.

1927 : Début de la construction de la ligne Maginot.

12 septembre 1927 : Fondation du Comité central des Minorités nationales de France regroupant tous les groupes autonomistes des minorités ethniques de France.

22 et 29 avril 1928 : Élections législatives.

1er mai 1928 : Procès du complot de Colmar d'après lequel le mouvement autonomo-séparatiste devenu de plus en plus influent, constitue une menace pour la sécurité nationale. A l'issue de ce procès, Rossé, Ricklin, Schall et Fashauer sont condamnés pour complot à un an de prison et à cinq ans d'interdiction des lieux que le gouvernement voudra déterminer. Cette condamnation injuste déclencha de nombreuses manifestations de violence dans les rues et eu pour seul point positif de réveiller la solidarité alsacienne et de relancer la lutte pour l'autonomie.

Devant l'ampleur de la réaction de désapprobation des Alsaciens à la condamnation, le gouvernement fut finalement contraint de prendre des mesures d'apaisement pour tenter de ramener la situation à la normale en Alsace. Le 17 juillet, Rossé, Fashauer et Schall ont été graciés par le président de la République et le docteur Ricklin fut libéré le 23 juillet.

3 novembre 1928 : Scission de la Volkspartei et création de l'A.P.N.A. (Action Populaire Nationale d'Alsace).

9 novembre 1928 : Karl Roos, président de la Landespartei et réfugié en Suisse, se rend aux autorités françaises après un meeting très suivi la veille à Strasbourg.

10 au 22 juin 1929 : Procès de Karl Roos à Besançon pour éviter les réactions hostiles suite au procès de Colmar. Karl Roos a finalement été acquitté.

24 décembre 1931 : Pierre Laval amnistie tous les condamnés de Colmar.

1933 : Hitler au pouvoir en Autriche.

13 janvier 1935 : Après un référendum, la Sarre retourne à l'Allemagne, ce qui affaiblit considérablement l'agriculture du Nord de l'Alsace qui pers son arrière-pays économique naturel.

1936 : « L’action populaire ».

17 juin 1938 : Un décret vient renforcer le dispositif répressif contre les mouvements autonomistes en permettant d'accuser d'atteinte à la sûreté extérieure de l'État tous ceux sur lesquels planait une présomption d'espionnage. "Une loi des suspects" qui permettait à nouveau l'instauration dans le pays d'une véritable terreur policière. D'un autre côté, la censure permettait de museler toute opposition, soit des élus, soit de la presse.

1er septembre 1939 : La France proclame la mobilisation générale.

2 septembre 1939 : Début de l'évacuation des Alsaciens vers le Sud-Ouest. Celle-ci se fait dans des conditions déplorables : voyage d'au moins 8 jours en train dans des wagons à bétail avec comme unique matelas, une fine couche de paille, interdiction d'emmener plus de 30 kilos d'affaires personnelles par personne, les animaux de toute taille doivent rester en Alsace et les portes des maisons doivent rester ouvertes. A leur arrivée dans le Sud-Ouest, les Alsaciens sont considérés comme des Allemands, logés pour la plupart dans des étables, sans eau, ni chauffage, ni électricité. Pendant ce temps, les soldats français pillent et saccagent les maisons abandonnées et volent tous les objets de valeurs.

3 septembre 1939 : La France déclare la guerre à l'Allemagne.

1939 (septembre) : Évacuation de Strasbourg et des communes frontalières de Lauterbourg à Saint Louis.

19 juin 1940 : Les Allemands prennent Strasbourg. Mais cette fois-ci, les Allemands ne sont pas responsables de la destruction des infrastructures alsaciennes. L'armée française fera sauter un maximum de ponts, de centraux téléphoniques, de centrales électriques, de voies ferrées, de postes d'aiguillages, de noeuds routiers et d'usines dans tout le pays.

Le bilan des destructions inutiles est impressionnant. Au total, les troupes françaises, en se retirant, ont fait sauter 405 ponts routiers, 109 ponts de chemins de fer, 81 écluses (dont 52 sur 101 sur le seul canal Rhin/Rhône), les stations émettrices et 1071 km. de réseau ferré qui sont totalement hors d'usage. Reste à comptabiliser toutes les nombreuses unités de production (raffineries, moulins,...), les installations portuaires, les centrales électriques, les barrages détruits ou encore les nombreuses maisons, dynamitées par de trop fortes doses d'explosifs ou incendiées, pour comprendre l'ampleur de ce saccage gratuit, car il n'influença en rien l'issue des combats.

Juin 1940-novembre 1944 : Occupation nationale-socialiste.

1942 (août) : Incorporation de 130 000 jeunes Alsaciens dans l’armée allemande. 40 000 y ont laissé leur vie.

Novembre 1944-mars 1945 : La guerre en Alsace.

1945 (mars) : Libération de l’Alsace. Constitution du M.R.P. en Alsace.

1947 (avril) : Fondation du R.P.F. par le Général de Gaulle à Strasbourg.

1949 (10août) : ouverture de la première session du Conseil de l’Europe dans l’aula de l’université de Strasbourg.

1963 : Les raffineries de pétrole de Strasbourg.

1969 : A partir de cette date, des fêtes et des jumelages avec les "amis" du Sud-Ouest sont organisés dans les communes alsaciennes afin de se rappeler le "bon vieux temps" de l'évacuation où des amitiés si profondes se sont liées !

Cette déportation massive d'hommes et de femmes arrachés à leur pays, ce drame humain qui a été vécu comme une véritable déchirure par des centaines de milliers d'Alsaciens, est presque présenté aujourd'hui comme une gigantesque virée estivale pour aider au rapprochement des peuples !

Die Sprochmühle à l'Ecomusée d'Alsace