pour la  langue et la culture régionales en Alsace et en Moselle germanophone

Fer unsri Zukunft

Fédération des langues régionales germaniques de France

Maintenons une presse en langue allemande en Alsace :

Non à l’éradication.

Le premier journal en langue allemande a été créé en Alsace dès 1605. C’est la première gazette hebdomadaire d’information du monde

Par la suite se sont développées en Alsace des radios en langue langue allemande, extrêmement suivies, au cours de la première moitié du XXe siècle et par la suite des émissions de télévision. Le journal quotidien en langue allemande de Radio Strasbourg puis de Radio France Alsace a été arrêté discrètement au début des années 2000. La projection en salles de films en allemand a disparu de même manière dans les années 1980/90.

La presse écrite quotidienne s’est poursuivie dans cette langue presque sans interruption pendant plus de 400 ans.

En effet, en 1950 l’édition bilingue en français et en langue allemande des quotidiens alsaciens, instituée en 1944, représentait encore 90% du tirage et l’édition exclusivement en français seulement 10%.

Mais, en 2012 L’Alsace et les Dernières Nouvelles d’Alsace ont décidé de supprimer leurs dernières éditions bilingues français/allemand au profit de journaux exclusivement en français.

Ces deux derniers quotidiens à vocation régionale en Alsace, appartenant au même groupe bancaire devenu national du Crédit Mutuel, ont remplacé ces éditions bilingues par un petit supplément quotidien de huit pages, en allemand, la « Deutsche Beilage ». Si des abonnements spéciaux sont proposés à des établissements scolaires, l’abonnement aux DNA incluant ce supplément est devenu des plus difficiles.

Il a été fourni en complément des seuls abonnements aux DNA et à L’Alsace et sur demande expresse. Il n’est plus inclus dans les ventes en kiosque et il semble bien qu’il ait été réservé aux seuls « anciens » parmi les abonnés. Tout paraît avoir été fait pour en restreindre la diffusion à ces lecteurs restés fidèles aux deux quotidiens grâce aussi à ce supplément en allemand.

Pourtant en dépit des obstacles son contenu, de grande qualité, est riche et diversifié (éditorial, photos, rubriques, informations d’agences de presse, rubrique littéraire, feuilleton, jeux, page d’archive, partie pour enfants). La maquette est plutôt plaisante.

Deux journalistes, situés à Mulhouse, créent quotidiennement ce supplément. L’un d’eux est tombé malade au début du confinement, et une personne seule ne peut assurer la parution de la « Deutsche Beilage ». Personne n’a engagé un contractuel pour remplacer la personne malade. Sa parution s’est arrêtée le 18 mars 2020 au désespoir de nombreux abonnés.

 

Après la chaine de télévision à vocation régionale Fr3 dans les années 1992 puis Radio France au début des années 2000, qui ont peu à peu supprimé toute émission ou diffusion régulière en allemand, c’est ainsi à présent l’un des derniers maillons de la presse écrite alsacienne, une presse quotidienne qui, comme FR3 et France Bleu ex-Alsace, devient de plus en plus celle du Grand Est, et disparaît. En effet, nous disent certains, ce dernier supplément ne renaîtra pas après le confinement, mettant ainsi fin sournoisement à plus de quatre siècles de presse alsacienne quotidienne de langue allemande.

 

A quoi servent les Traités d’amitié et de coopération franco-allemands de 1963 et d’Aix la Chapelle de 2018, si l’enseignement bilingue régional en collège n’est plus guère paritaire, si le premier degré bilingue paritaire est limité à ses effectifs actuels faute de recruter des professeurs compétents, si l’anglais est imposé en Alsace comme la seule langue obligatoire dans tous les diplômes universitaires à partir de 2020 ?

La Fédération pour les langues régionales germaniques de France (ex-Comité fédéral) appelle les Alsaciens, fiers de leur culture et attachés à la présence de leur langue historique, à ne pas jeter les bras au ciel, à ne pas se résigner. Ils peuvent s’abonner aux deux quotidiens avec le supplément en langue allemande, et rendre leurs amis et connaissances attentifs à ce supplément.

Ils peuvent surtout écrire individuellement ou collectivement au directeur général des deux quotidiens, lui envoyer des courriels - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - et aux autres responsables des deux journaux, aux députés et sénateurs, conseillers départementaux, conseillers régionaux élus en Alsace, aux maires… leur téléphoner.

Mais la Fédération appelle surtout nos élus communaux, départementaux, régionaux, nationaux, nos maires, les deux présidents de la future Collectivité Européenne d’Alsace à intervenir efficacement auprès du Crédit Mutuel, propriétaire des deux quotidiens, et auprès de la direction des journaux pour que ce supplément soit réactivé et qu’il soit possible à tous d’accéder à un abonnement comprenant le supplément en allemand ou seulement à ce supplément.

Les départements, les communes, les bibliothèques publiques doivent aussi exiger que leurs nombreux abonnements à l’un ou l’autre des deux quotidiens comprennent le supplément en allemand.

L’enseignement de l’allemand étant généralisé à tous les élèves d’Alsace, il convient que les CDI de toutes les écoles, collèges et lycées soient abonnés à plusieurs exemplaires de ce supplément en vue d’un travail scolaire. Les collectivités concernées, région, départements, communes, peuvent facilement y veiller, via les dotations budgétaires particulièrement pour les sites bilingues paritaires et ABiBAC.

Mais en cas d’inaction de leur part, nous envisageons aussi d’appeler ultérieurement au désabonnement massif des lecteurs.

mm pk fs