pour la  langue et la culture régionales en Alsace et en Moselle germanophone

Fer unsri Zukunft

Pout l'économie alsacienne et le bilinguisme thumb

Le bilinguisme régional un atout social, économique et culturel

 


Certification obligatoire en anglais

Lancée en Moselle par une universitaire, suivie par de nombreux collègues et des associations, une démarche est entreprise depuis six mois afin de contrer la certification obligatoire en anglais pour tous les étudiants, qui exclut les autres langues dont l’allemand. La Fédération y participe depuis mi-novembre 2019. Elle a adressé des courriers aux responsables politiques français et allemands et a alerté les élus alsaciens et la presse par des communiqués, qui dans un premier temps n’ont pas été publiés. Les questions du député Bruno Studer ont obtenu une réponse de la Ministre Frédérique Vidal, que la Fédération juge négative.

 

Les nombreuses interventions autant alsaciennes que lorraines, restées sans effet auprès nos gouvernants, nous conduit maintenant à introduire un recours.

Nous aurons ainsi besoin du soutien, en particulier financier, des associations qui nous accompagneront sur cette voie.

 

Deux courriers

                                                                 CF  Elsam gredl

FEDERATION des langues régionales germaniques de France

en Alsace, Moselle germanophone et Flandre

11 Avenue de la République -Bureau 306

68000 COLMAR Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

ELUS pour la sauvegarde de la LANGUE REGIONALE

en ALSACE et en MOSELLE GERMANOPHONE -ELSAM/GREDL

à Monsieur Richard FERRAND

Président de l’Assemblée nationale

Responsable de l’Assemblée Parlementaire franco-allemande

Palais Bourbon

126 Rue de l’Université

75007 PARIS

Colmar, le 20 février 2020

Monsieur le Président,

Selon un récent arrêté (JORF n°0288 du 12 décembre 2019) du 6 décembre 2019 portant réforme de la licence professionnelle, à l’avenir en France, tous les étudiants devront obligatoirement passer une certification en anglais pour obtenir la délivrance de ce diplôme et, le cas échéant, poursuivre leurs études. Il est prévu de l’étendre à tous les diplômes de l’enseignement supérieur.

Cela nous a infiniment surpris au moment où le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne et l’Union douanière : il ne restera plus que 5 millions d’anglophones natifs dans l’Union Européenne.

Cette obligation de certification en anglais exclut en effet toute possibilité de choix alternative d’une autre langue de l’Union Européenne. Elle diminuera de façon très importante le nombre d’étudiants germanistes alors que l’Allemagne reste notre principal partenaire économique. Cette atteinte à la diversité linguistique est aussi particulièrement choquante et aberrante en Alsace et en Moselle, voire dans toute la Région Grand Est, notamment pour l’emploi et l’économie dans ces territoires.

Or, à la suite de la signature du Traité d’Aix-la-Chapelle a été créée, le 25 mars 2019, l’Assemblée Parlementaire franco-allemande que vous présidez avec le Président du Bundestag.

Cette assemblée binationale s’est vu confier la mission de veiller à la mise en œuvre des dispositions du Traité et de faire des propositions sur l’ensemble des questions concernant les relations franco-allemandes et en particulier de proposer des projets d’utilité publique transfrontalière.

Cependant, l’arrêté du 6 décembre 2019 et le projet d’extension sont tout particulièrement contraires aux articles 10 et 15 du Traité d’Aix-la-Chapelle signé le 22 janvier 2019 par notre pays et l’Allemagne, à grand renfort de communication officielle. Ce traité prévoit en effet une priorité à la langue du partenaire dans les territoires frontaliers.

Le mépris des articles 10 et 15 est donc particulièrement grave pour nos régions historiquement germanophones alors que l’Etat français s’est engagé par ailleurs en faveur de l’enseignement de l’allemand dans le cadre de la Collectivité Européenne d’Alsace.

La législation et la réglementation doivent permettre dans ces deux territoires aux étudiants d’opter pour une certification obligatoire en allemand ou en anglais.

Nous vous serions très reconnaissants, Monsieur le Président, si vous pouviez intervenir pour faire respecter les engagements pris dans le traité d’Aix-la-Chapelle, en faveur « du développement de l’apprentissage mutuel de la langue de l’autre » et pour que cette décision de monopole de la langue anglaise dans l’enseignement supérieur soit abandonnée pour l’Alsace et la Moselle.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

Monique MATTER Dr Bernard STOESSEL

Présidente de la Fédération Président de l’association des élus pour le bilinguisme

10 Rue des Vosges 4 Rue du GMA

67390 MARCKOLSHEIM 68100 MULHOUSE

T. 03 88 92 77 58 P. 06 31 11 31 28

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 CF Elsam gredl

11 Avenue de la République -Bureau 306

68000 COLMAR

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ELUS pour la sauvegarde de la LANGUE REGIONALE

en ALSACE et en MOSELLE GERMANOPHONE

ELSAM/GREDL

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an den Bundestagspräsidenten

Herrn Dr Wolfgang SCHÄUBLE

Bundestagsbüro

Platz der Republik 1

11011 BERLIN

Colmar, den 20. Februar 2020

Sehr geehrter Herr Bundestagspräsident,

Am 25. März 2019 haben Sie die Gründungsakte der deutsch-französischen Parlamentarischen Versammlung unterzeichnet und die Verantwortung mit dem Präsidenten der französischen Nationalversammlung, Richard FERRAND, übernommen.

Wir möchten Sie darüber informieren, dass die französischen Bachelor-Studierenden demnächst eine Zertifizierung in englischer Sprache bestehen müssen, die für die Fortsetzung ihres Studiums unumgänglich sein wird.

Diese obligatorische Zertifizierung in Englisch entzieht den Studierenden de facto die Möglichkeit, eine andere offizielle europäische Sprache in ihrem Studiengang zu wählen, da sie in Frankreich in der Regel nur eine Fremdsprache wählen können. Die Zahl der Studierenden, die Deutsch als Fremdsprache wählen, wird somit drastisch zurückgehen.

Diese Regelung widerspricht jedoch unseres Erachtens den Artikeln 10 und 15 des von unseren beiden Ländern 2019 unterschriebenen Aachener Vertrags. Die Folgen sind besonders schwerwiegend für unsere historisch deutschsprachigen Regionen, für die der französische Staat sich zugunsten der deutschen Sprache engagiert hat.

Es wäre für uns daher sinnvoll, wenn Sie in diese Sache eingreifen würden, damit diese einseitige Regelung zugunsten der englischen Sprache in den Grenzregionen Elsass-Lothringen nicht in Kraft gesetzt wird. Die Studierenden unserer Region sollten zwischen Englisch oder Deutsch für ihre Fremdsprache-Zertifizierung wählen können.

Hochachtungsvoll

Monique MATTER

Vorsitzende des Verbands der germanischen Sprachen im Elsass, Deutschlothringen und Flandern

Fer unsri Zuekunft – Voor onze Toekom Dr Bernard STOESSEL

Vorsitzender des Vereins der Gewählte für die Regionalsprache im Elsass und im deutschsprachigen Lothringen

 

D’autres courriers sont partis au Luxembourg et dans des régions germanophones.


 

COMMUNIQUE

Député Bruno STUDER

Certification en langue anglaise : les réponses de la Ministre de l’Enseignement supérieur aux questions de Bruno STUDER

La commission des Affaires culturelles et de l’Éducation a auditionné ce jour Frédérique VIDAL, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Bruno Studer, député du Bas-Rhin et président de cette Commission a profité de cette audition pour interroger la Ministre sur la certification en langue anglaise rendue obligatoire par les arrêté[1] et décret[2] du 3 avril dernier et s’est ainsi fait l’écho des interrogations que cette décision du Gouvernement a suscité en Alsace et dans le Grand-Est quant à son opportunité dans ces territoires frontaliers.

Le député a également interrogé la Ministre sur la conformité de ces textes avec les articles 10 et 15 du traité d’Aix-la-Chapelle[3] qui prévoient que « Les deux États rapprochent leurs systèmes éducatifs grâce au développement de l’apprentissage mutuel de la langue de l’autre, à l’adoption […] de stratégies visant à̀ accroitre le nombre d’élèves étudiant la langue du partenaire ».

Dans sa réponse Madame Vidal a rappelé que son Ministère s’était engagé à accompagner les établissements dans la mise en œuvre obligatoire de la certification en langue anglaise qui est la langue la plus couramment utilisée, en particulier dans les travaux de recherche.

La Ministre a cependant précisé que cela n’était pas incompatible avec des certifications dans d’autres langues et s’est montrée favorable à ce que cela puisse être proposé aux étudiants.

Un travail sera donc mené pour développer et financer des certifications dans d’autres langues que l’anglais.

Cette évolution du dispositif permettra de rétablir l’équilibre entre l’anglais et les langues de nos voisins européens. Le Président Studer salue cet engagement et souhaite que la certification en langue allemande soit rapidement et largement proposée et prise en charge pour les étudiants d’Alsace notamment.

[1]Arrêté du 3 avril 2020 relatif à la certification en langue anglaise pour les candidats inscrits aux diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et au diplôme universitaire de technologie
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041782410&dateTexte&categorieLien=id

[2]Décret n° 2020-398 du 3 avril 2020 relatif à la certification en langue anglaise pour les candidats à l'examen du brevet de technicien supérieur et modifiant le code de l'éducation
https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/4/3/ESRS1922073D/jo/texte

[3]Traité entre la République française et la République fédérale d’Allemagne sur la coopération et l’intégration franco-allemandes
https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/traite.aix-la-chapelle.22.01.2019_cle8d3c8e.pdf

 

 

Réponse de la Fédération

20 Mai 2020

Monsieur Bruno STUDER, Monsieur le Député, 

Nous avons bien reçu votre communiqué et vous en remercions. 

Nous ne vous cacherons pas notre totale et amère déception. La réponse de la Ministre ne répond pas du tout à notre demande de proposer le choix de la langue pour une certification obligatoire dans une langue européenne ou autre (mandarin, japonais).

La certification et les cours d’anglo/américain devenant obligatoire pour tous les DUT, BTS, licences professionnelles, licences universitaires, la 2° certification proposée représentera une importante charge de travail supplémentaire pour les étudiants.

De ce fait ceux-ci délaisseront en masse cette voie et l’étude d’autres langues que l’anglais, notamment de l’allemand en Alsace, même si certaines universités consentent à organiser l'enseignement linguistique nécessaire et à prendre en charge les frais d’une seconde certification.

 La place spécifique de l'allemand en France et du français en Allemagne, initiée par le traité de l’Elysée, devait être renforcée par le nouveau traité franco-allemand signé en grande pompe à Aachen en 2018. Or, du fait de la future certification obligatoire en anglais, ce traité ne sera pas respecté, tout particulièrement en zone frontalière française.

La formation et le recrutement de maîtres pour l’enseignement bilingue paritaire dans les premier et second degrés en Alsace vont de ce fait se tarir. La mise à mort programmée et tout à fait volontariste de l'enseignement de l'allemand en résultera au mépris également du texte législatif instituant la nouvelle Collectivité européenne d'Alsace et de sa compétence pour l’enseignement de l’allemand.

Le gouvernement met ainsi fin à l'esprit qui a prévalu depuis l'après-guerre et la réconciliation franco-allemande, c'est à dire qu’il agit dans un sens tout à fait opposé au rapprochement culturel engagé par le Président Charles   De Gaulle en 1962, une politique prolongée par ses successeurs.

 C’est une très lourde responsabilité de l'exécutif et de la majorité parlementaire actuels. 

Veuillez recevoir nos cordiales salutations.

Monique MATTER, Fédération des langues régionales germaniques de France en Alsace, Moselle germanophone et Flandre

Bernard STOESSEL, ELSAM/GREDL Elus pour la sauvegarde de la langue régionale en Alsace et Moselle germanophone 

 La ministre Frédérique Vidal peut mieux faire thumb

La presse en parle : Les Dernières Nouvelles d’Alsace - L’Ami-Hebdo 31.5.2020